La neutralité et l’impartialité qui découlent l’une de l’autre, participent au bon déroulement de la médiation avec l’indépendance, la loyauté et la compétence.

Etymologiquement, « neutralité » vient du latin neuter : « ni l’un ni l’autre ».  L’impartialité en est son application directe et est définie comme l’absence de parti pris.

Si la neutralité, propre à la conscience du médiateur, semble hors de portée et soulève de nombreuses questions, l’impartialité, elle, est objective car perçue par les médiés.

Il est impossible, sauf pour un robot programmé dans ce but, d’être totalement neutre, en raison de son passé, des expériences vécues, des motivations propres, ou des préjugés. Le médiateur peut ainsi éprouver des sentiments personnels plus ou moins forts : attirance ou hostilité à l’égard d’une partie ou d’une situation.

Face à ces difficultés, le médiateur s’efforce d’être neutre grâce à un travail en profondeur sur lui-même, à des séances collectives d’analyse de sa pratique de la médiation, ou avec l’aide d’un superviseur.

L’article 1530 du code de procédure civile fait d’ailleurs référence non pas à la neutralité, mais à l’impartialité nécessaire du médiateur qui doit être ressentie par les médiés, tout au long du processus de médiation.

Dans leur ouvrage « Méthode de Médiation. Au cœur de la conciliation[1] »,  Alain Pekar Lempereur, Jacques Salzer et Aurélien Colson affirment que la neutralité n’est « opérationnalisée » que par l’impartialité, laquelle consiste pour le médiateur à « maintenir strictement l’équilibre du processus » de médiation.

Le « médiateur réaliste » n’est donc pas neutre, mais impartial. Il ne manifeste pas ses sentiments et prouve son impartialité en traitant chaque médié de manière égale. Il est « avec l’un et avec l’autre[2] », et leur inspire ainsi confiance.

S’agissant du différend qui les oppose, le médiateur s’abstient de prendre parti ou de donner un avis. Il s’interdit de se positionner en juge, en arbitre, ou en expert, et laisse toute liberté aux parties d’élaborer et de choisir la solution qui leur convient le mieux.

[1]Dunod 2008, page 68

[2]Idem ouvrage cité note 1